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ثقافة Nouvel ouvrage de l'ATPCC: Le court métrage tunisien post-2011: Récits d’une génération en mouvement

نشر في  08 أكتوبر 2026  (16:21)

Après "Regards sur le cinéma amateur tunisien", paru en 2024, et "Jilani Saâdi, un cinéaste insurgé", publié en 2025, l’Association tunisienne pour la promotion de la critique cinématographique (ATPCC) revient avec un nouvel ouvrage consacré au court métrage tunisien : "Le court métrage tunisien post-2011 : Récits d’une génération en mouvement".

L’ouvrage a été présenté en marge de la 14e édition du festival du court métrage tunisien "Tunisie Tout Court", lors d’une rencontre organisée à la salle de cinéma l'Africa, en présence des auteurs ayant contribué au livre.

Comme l’explique Ons Kamoun, coordinatrice de l’ouvrage, celui-ci "ne cherche ni à établir un palmarès, ni à proposer une filmographie exhaustive, ni à se réduire à une succession de notices consacrées aux réalisateurs ». Il propose plutôt des regards et des appréciations à travers seize lectures critiques de courts métrages réalisés à partir de 2010, composant ainsi un kaléidoscope de la création du court après la révolution.

L’ouvrage entend également rendre justice à des courts métrages qui, malgré leur intérêt, restent parfois peu visibles dans l’histoire de la critique du cinéma tunisien. Il se veut aussi un geste mémoriel qui cherche à préserver la trace critique d’une production cinématographique qui ne bénéficie pas toujours d'une sortie en salles.

Des films, des regards, une génération

Les textes réunis dans l’ouvrage abordent des films et des univers très différents. Slim Ben Cheikh signe ainsi "Chronique d’un désastre annoncé", consacré à Stadium de Alaeddine Slim. Safa Helali analyse, dans "Le corps enfant comme résistance silencieuse", Peau de colle de Kaouther Ben Hania. Beya Chikhi propose, avec "Un drame intime à portée sociopolitique", une lecture de Père de Lotfi Achour.

Nadia Aouina s’intéresse, quant à elle, à Boubarnous de Badi Chouka dans "Quand le réel joue au monstre : le double jeu de Boubarnous El Boutellis". Mariem Mejri signe, de son côté, un article intitulé "L’envers du mythe : déconstruction du fantasme romantique dans Roméo a épousé Juliette" de Hind Boujemaa.

Ons Kamoun propose "L’envers de la fête", un article consacré à Astra de Nidhal Guiga et Mohamed Bouhjar suggère une lecture particulière de Brotherhood  sous le titre : "MC1R, un gène d'ailleurs". Lotfi Ben Khelifa commente "Bab Jedid" de Sélim Gribaâ sous le titre "Une périlleuse traversée" et Meriam Azizi propose une lecture du "Bonbon" de Abdelhamid Bouchnak sous le titre: "De la loi à la loi de la jungle".

Autre contribution singulière, celle d’Abdejelil Bouguerra, qui consacre son texte « Rêves avortés » au film Faracha de son fils, Issam Bouguerra. Autant de contributions qui témoignent de la diversité des approches critiques réunies dans cet ouvrage.

Commentant la production du court métrage de l’après-2011, Ons Kamoun estime que celle-ci "n’apparaît pas comme une esthétique homogène, mais comme une période d’intensification des possibles". Les films commentés dans l’ouvrage « ne composent pas un cinéma de la révolution au sens strict » écrit-elle. Ils donnent plutôt à voir "les transformations plus diffuses d’une société: aspirations individuelles, conflits de générations, rapports de domination, déplacements territoriaux, fragilisation des modèles familiaux, expériences de l’altérité, transformations du corps et crise de la représentation. Avant de conclure que les textes réunis « témoignent de cinéastes à la recherche de formes capables de saisir cette instabilité et d’en rendre compte autrement que par le seul réalisme".

Science-fiction, horreur, film noir, comédie, thriller, etc.

L’ouvrage comporte également un texte d’Ons Kamoun sur le genre cinématographique intitulé "Faire genre en court : expérimentation et trajectoire dans le cinéma tunisien post-2011". L’autrice y développe une réflexion sur le genre comme "une méthode de déplacement permettant de produire une réalité légèrement décalée, plus obscure, plus ambiguë, parfois plus inquiétante que celle que proposerait une représentation directement réaliste ».

Science-fiction, horreur, film noir, comédie, thriller ou encore vampire deviennent alors autant de territoires d’expérimentation. En investissant ces différents registres, les jeunes cinéastes tunisiens s’approprient des codes singuliers et explorent de nouvelles manières de faire du cinéma.

Entre ruptures et continuités

"Le court métrage tunisien post-2011 : Récits d’une génération en mouvement" invite finalement à s’interroger sur les ruptures et les continuités qui ont marqué l’histoire récente du court métrage en Tunisie.

Les cinéastes du court se sont-ils libérés du poids des interdictions et de l’autoritarisme qui ont marqué l'avant 2011? Ont-ils raconté la révolution et ses soubresauts, ou ont-ils préféré rester fidèles à leurs propres obsessions ? Ont-ils reflété les nouvelles réalités sociales de l’après-2011 ou cherché à inventer de nouvelles formes pour les interroger ?

Autant de questions auxquelles cet ouvrage n’entend pas apporter une réponse unique. En donnant la parole à seize regards critiques sur des films parfois peu commentés, il propose plutôt de faire émerger les préoccupations, les inquiétudes et les aspirations d’une génération en quête de sens.

 Chiraz Ben M'rad